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Industrie

Une feuille de route pour l’industrie automobile

Dans un contexte de sortie d’une crise aiguë de l’industrie automobile et de concurrence exacerbée, la Direction générale des entreprises (DGE) se mobilise et agit pour que la France soit l’un des leaders des véhicules écologiques, intelligents et accessibles à tous.

Pour relancer un secteur mis à mal par la crise de 2008-2009, la DGE soutient l’industrie automobile française, à la fois sur le plan de l’organisation générale de la filière pour la rendre plus cohérente et plus forte, et sur le plan de l’innovation, particulièrement en matière de véhicules plus écologiques et intelligents. 

Un renforcement de ce soutien a été annoncé par Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, lors de l’ouverture du Mondial de l’Automobile 2014, le 2 octobre dernier.

Une filière automobile plus solidaire

Le Comité stratégique de la filière automobile -CSF Automobile-, qui réunit les acteurs de la filière (entreprises, organisations syndicales, administrations), a adopté en octobre 2012 un contrat stratégique de filière qui permet notamment d’améliorer le dialogue entre donneurs d’ordre et fournisseurs et de déployer des stratégies concertées sur le long terme. 

Dans ce cadre, les grands groupes industriels et les PME ont, pour la première fois, établi une feuille de route technologique commune. Des actions ont été mises en œuvre, par l’intermédiaire de la Plateforme de la filière automobile (PFA), notamment pour renforcer les PME à l’international (convention avec UBIFRANCE…).

Parmi les mesures prises pour consolider la filière automobile française, le gouvernement a également annoncé début octobre la création du fonds « Avenir Automobile » et la mise en place d’une « task force » de spécialistes et de managers, pour amener les dirigeants d’entreprises à des opérations de consolidation.

Quatre plans pour la Nouvelle France Industrielle

Quatre plans de la Nouvelle France Industrielle sont dédiés au secteur automobile : « La voiture pour tous consommant moins de 2 litres aux 100 km » ; « Bornes électriques de recharge », « Autonomie et puissance des batteries », « Véhicule autonome ». Ces plans, dont la DGE assure l’animation, visent à faire de l’industrie automobile française un leader mondial de la voiture écologique et intelligente, à travers le soutien à l’innovation, le déploiement d’infrastructures et la mise en place d’un cadre normatif et réglementaire adapté. Pour cela, le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, E. Macron, a annoncé le renforcement du soutien à l’innovation au bénéfice de la filière automobile à hauteur de 600 millions d’euros jusqu’en 2016, à travers des prêts, des subventions et des prises de participation.

Le défi du plan 2 litres aux 100 est autant un défi technique qu’économique puisqu’il s’agit d’obtenir un véhicule compétitif sur le marché. Les développements visent à optimiser la motorisation, le poids, l’aérodynamisme et les pneumatiques des véhicules. Des prototypes ont été présentés par les constructeurs à l’occasion du Mondial de l’Automobile 2014. 

Dans le domaine du véhicule électrique, deux axes sont privilégiés. D’abord, accélérer le déploiement des bornes de recharge avec l’obligation d’en installer dans les nouveaux bâtiments et un soutien financier aux collectivités locales pour en installer dans les espaces publics. Ensuite, un soutien au développement des batteries, notamment sur le plan technologique, pour accroître tant leur durée de vie que l’autonomie des véhicules qu’elles équiperont. 

Le plan industriel « Véhicule Autonome » associe les industriels du domaine et des laboratoires de recherche, dont l’Institut de Transition Energétique Védécom (Institut véhicule décarboné et communicant et de sa mobilité) créé en mars 2014 et implanté à Satory, en région parisienne. Outre un effort d’innovation, le plan prépare le cadre réglementaire et normatif qui doit permettre de traiter les questions de sécurité routière et de responsabilité juridique liées à la conduite automatique. 

Pour en savoir +, consulter :

le dossier de presse "Répondre aux nouveaux enjeux de la filière automobile française" 

le dossier thématique des "Annales des Mines" de mai 2014, "Quelle industrie automobile pour la France dans 20 ans ?"

Côté entreprises

Directeur du programme au sein de la Plateforme de la Filière Automobile (PFA), François Sudan fait le point sur ce projet mobilisateur.

Où en est le programme de recherche sur le véhicule consommant 2 litres aux 100 km ?

D’ici la fin de l’année, nous devrions avoir déposé une vingtaine de projets collaboratifs de R&D, « les briques technologiques », qui seront développées d’ici 2018. Cela permettra le lancement des premiers véhicules utilisant ces différentes briques entre 2018 et 2020.

L’objectif est de produire industriellement, et à un coût raisonnable, un véhicule du segment B (type 208, C3, Clio) consommant 2 litres aux 100 km, soit deux fois moins qu’aujourd’hui.

Comment s’organise le programme ?

La Plateforme de la Filière Automobile (PFA), qui gère ce programme sous pilotage de son Comité Technique Automobile (CTA), a défini quatre axes de travail : l’hybridation, l’amélioration du rendement du groupe motopropulseur (GMP), l’amélioration du rendement du véhicule et les aides à la conduite associées à la connectivité pour réduire la consommation à l’usage.

Comment l’État intervient-t-il ?

L’appel à manifestations d’intérêt (AMI) « Véhicule routier du futur » est doté de 250 millions d’euros d’aides. Il est ouvert à des projets dont le budget est supérieur à 5 millions d’euros. Le niveau d’aides par projet est de l’ordre de 30 % en moyenne, majoritairement en avances remboursables. Des discussions sont en cours pour renforcer l’attractivité de ce programme, notamment sur la mise en place d’un processus allégé pour des projets de plus petite taille, inférieurs à 2 millions d’euros, favorisant l’intégration des PME.

Vice-président du Comité stratégique de la filière automobile (CSFA), Michel Rollier décrit les missions et les axes de travail du Comité.

Comment définir les fonctions du CSFA ?

Le CSFA est, à la fois, un lieu d’échanges et une force de propositions, au sein duquel s’expriment tous les acteurs de la filière automobile au sens large, y compris le transport routier et le transport public : constructeurs, équipementiers, sous-traitants, distributeurs, services, partenaires sociaux, pouvoirs publics… Ses réflexions viennent alimenter les actions de la Plateforme de la filière automobile (PFA). 

Que propose le CSFA aux entreprises ?

Le CSFA travaille sur quatre axes qui ont été définis fin 2012 dans un contrat de filière. Ces axes correspondent aux attentes exprimées par l’ensemble des acteurs : vision commune à la filière, innovation, international et solidarité de filière. 

Ainsi, en matière d’innovation, le CSFA est une source précieuse de réactualisation, à intervalles réguliers, du travail de réflexion et de synthèse au sein de la filière, tout comme il est une aide au suivi de l’avancement des grands programmes. 

En termes de visibilité, il est aussi un relais précieux des actions du Comité technique automobile (CTA) de la PFA qui réunit les 200 experts engagés sur la définition et le développement des grandes priorités de la recherche. De même, il s’attache à vérifier les progrès en termes de prévisions sur les volumes à court et moyen terme.

Le CSFA est également mobilisé pour améliorer les relations au sein de la filière. Enfin, il a un rôle de promotion du développement international et de diversification auprès des PME, en particulier en coordination avec la FIEV (Fédération des industries des équipements du véhicule) et UBIFRANCE.

Le contrat de filière n’est pas figé. Il évolue en fonction des besoins nouveaux identifiés, par exemple le lancement des plans de la Nouvelle France industrielle ou les nouvelles mesures annoncées par le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique à l’occasion du Mondial de l’Automobile d’octobre 2014.