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Industrie

La métrologie au service des consommateurs et de la compétitivité des entreprises

Le 17e Congrès international de métrologie (CIM), organisé du 21 au 24 septembre 2015 à Paris par le collège français de métrologie et soutenu par la DGE, a réuni plus de 800 participants de 42 pays. La métrologie, ou science de la mesure, est un allié puissant mais relativement méconnu des consommateurs et des entreprises. Elle constitue l’un des domaines de compétence de la DGE sous trois aspects intimement liés entre eux : scientifique, légal et industriel.

Quel rapport y a-t-il entre l’achat d’un kilo de tomates, le temps de conduite d’un conducteur routier et la composition d’un médicament ? Réponse : la métrologie. Cette “science de la mesure” est au cœur de nos vies quotidiennes de consommateurs et de citoyens. Elle conditionne en grande partie le crédit que nous accordons à la fiabilité d’une multitude de transactions. Derrière cette confiance, il y a une longue chaîne de processus qui relie la métrologie scientifique, la métrologie légale et la métrologie industrielle.

De l’étalon à l’usine 

La métrologie scientifique définit la valeur étalon de chaque unité de mesure servant de référence commune. Une coopération mondiale permet d’établir un consensus partagé par les scientifiques et les États autour des quantités kilogramme, mètre, seconde ou degré Celsius.

La métrologie légale fixe les règles de vérification et de fonctionnement des instruments de mesure légaux. Elle détermine l’erreur maximale admissible qui caractérise leur précision et établit les règles de contrôles initiaux et périodiques de leur conformité. Elle assure, en fin de compte, la protection du consommateur en garantissant la loyauté des échanges et la bonne application des lois et règlements.

Enfin, la métrologie industrielle fournit aux entreprises des ressources permettant de fabriquer des produits conformes ou d’en optimiser la production, qu’il s’agisse de mesurer les cotes d’une pièce mécanique, les dimensions d’une nanoparticule entrant dans la composition d’un produit cosmétique ou la puissance électrique consommée par un lave-linge. 

La DGE aux commandes de la métrologie française 

L’ensemble de la métrologie est, dans notre pays, du ressort de la DGE pour les services de l’État. Son “bureau métrologie” concentre l’expertise de l’État et le pilotage des contrôles en matière de métrologie légale. Le bureau coordonne et anime ainsi l’activité des 130 agents qui, au sein des DIRECCTE, assurent une triple surveillance : celle du parc d’appareils de mesures réglementés (il existe 37 catégories, des pompes à essence aux instruments de pesage de toutes sortes), celle des organismes agréés chargés de la vérification périodique de ces instruments, et celle du marché de ces instruments, en amont des vérifications périodiques ou inopinées des appareils en service.

La DGE assure aussi la tutelle de la métrologie scientifique, dont elle délègue la responsabilité au Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE : lire l’interview de Jean-Luc Laurent). Enfin, la DGE agit dans le domaine de la métrologie industrielle, afin d’aider les entreprises françaises à utiliser la métrologie à bon escient pour être compétitives. Les enjeux sont à la fois qualitatifs et économiques : la bonne maîtrise des processus de mesures permet aux entreprises de produire mieux, tout en réalisant des économies de temps et d’énergie, et en respectant l’ensemble des normes et réglementations propres à leur secteur d’activité.

Accompagner les PME et soutenir l’innovation 

Un plan d’action national, piloté par la DGE depuis 2009, a permis de financer huit projets, dont quatre sont d’ores et déjà achevés. On trouve ainsi sur le site du LNE une formation en ligne gratuite visant à permettre aux PME de maîtriser les notions élémentaires de métrologie. Un autre projet a visé plus spécifiquement les entreprises de l’industrie agroalimentaire pour les sensibiliser à la mise en place de systèmes de mesures aptes à réduire et maîtriser leur consommation énergétique.

L’un des projets phares en cours concerne un domaine industriel en plein développement : les nanomatériaux. Déjà quelque 1 500 entreprises françaises produisent ou utilisent ces minuscules objets technologiques, dont les dimensions tournent autour du millionième de millimètre. Le projet collaboratif NanoMet (2014-2017) vise à doter ces entreprises des outils, méthodes et procédures métrologiques nécessaires à l’optimisation de leurs procédés de production.

En subventionnant ces projets, le ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique souligne l’importance de la métrologie en tant que facteur essentiel de développement industriel et d’innovation pour les années à venir.

Pour en savoir plus :

Sur la métrologie légale et industrielle :
www.entreprises.gouv.fr

Sur la métrologie scientifique et le LNE :
www.lne.fr

Sur les huit actions du plan national en faveur de la métrologie industrielle :
www.entreprises.gouv.fr

Côté entreprises

Le laboratoire national de métrologie et d’essais pilote depuis janvier 2005 le réseau de la métrologie française et le représente au niveau international. L’une de ses grandes missions : mettre son expertise au service du progrès industriel.

Quel est le cœur de métier du LNE ?

Les mesures et leurs références : ce que l’on appelle les étalons. Nos missions publiques visent à maintenir ces références, en lien avec les organismes de métrologie des autres pays, et à en fabriquer de nouvelles, en fonction des besoins émergents. Nous sommes aussi chargés d’établir l’étalonnage des mesures utilisées dans l’industrie : la température, le bruit, la radioactivité, la puissance de l’éclairage, le poids d’une substance dans une autre, etc. Nous assurons la mise au point des référentiels qui permettent de comparer les choses.

Sur quels domaines travaillez-vous particulièrement actuellement ?

Par exemple sur les temps-fréquences, utilisés notamment pour la fabrication des GPS. Nous menons aussi un programme de recherche sur la fiabilité et la traçabilité de la fabrication additive, c’est-à-dire la fabrication d’objets non par usinage mais par ajout de matière. Nous avons également reçu comme priorité de renforcer les mesures en nanotechnologies, qui prennent partout une place de plus en plus importante.

En quoi la métrologie est-elle si importante pour l’industrie ? 

Il s’agit d’un domaine stratégique en matière d’innovation et de compétitivité des entreprises. La métrologie apporte les outils qui permettent de produire conforme, plus précis et parfois moins cher. Ce n’est pas par hasard que, dans un contexte global de baisse des dépenses publiques, de nombreux pays renforcent aujourd’hui leur métrologie en tant qu’instrument de compétition industrielle. 

Âgée d’un peu plus d’un an, cette "start-up" grenobloise est en passe de devenir une référence incontournable dans la mesure des nanomatériaux. Ses fondateurs ambitionnent de devenir "leaders" sur le marché de la nanométrologie industrielle.

Que fait Pollen Metrology ?

Nous sommes un éditeur de logiciels d’aide à la décision, spécialisé dans l’analyse des données pour la mesure, la maîtrise et la traçabilité des nanomatériaux. La force de notre concept repose sur deux piliers. Le premier est l’application d’une métrologie hybride, qui combine l’analyse des données de différents instruments de mesure déjà existants. Le second est la réactivité de notre service développement : nous pouvons répondre aux demandes de renforcement des algorithmes fournis à nos clients par cycles de 15 jours. Nos logiciels permettent à nos clients de réduire considérablement les temps de développement de leurs produits, avec un niveau de qualité maximum.

Y a-t-il des synergies entre Pollen Metrology et les instances de la métrologie française ?

Nous avons signé en juillet 2015 un partenariat avec le LNE. Grâce à leur expérience et à leur recul en matière de gestion des incertitudes, les experts du LNE nous aident à intégrer la question de la traçabilité. Et nous, nous apportons nos compétences sur la fusion de données et la pertinence de la réponse aux clients industriels. De plus, en discutant avec le LNE, on s’est aperçu que les nanomatériaux pouvaient être partout, de l’aviation à la pharmacie en passant par l’agroalimentaire. Nous participons activement aux actions de promotion de la métrologie industrielle soutenues par la DGE (club nanométrologie, congrès international de métrologie). 

Le marché à l’export représente-il un enjeu pour vous ?

Oui, et nous sommes déjà sur une dimension internationale, aussi bien pour nos clients que pour nous-mêmes. Notre objectif est de devenir leader sur le marché de la nanométrologie industrielle. Cela nous semble réaliste car nos logiciels s’adaptent à tout type de nanomatériaux et tout type d’industrie.