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Numérique

La France en pointe sur le très haut débit numérique

Coordonné au sein de la DGE par l’Agence du Numérique et le Service de l’économie numérique, le Plan France Très Haut Débit progresse à grands pas. Objectif : couvrir d’ici 2022 l’ensemble du territoire, avec une priorité donnée aux réseaux de fibre optique et à la connexion des entreprises. 86 projets de réseaux d’initiative publique ont d’ores et déjà été déposés par les collectivités territoriales, et 2 milliards d’euros de subventions de l’État engagés sur des projets validés.

Numérique et connectée, la quatrième révolution de l’industrie et des services est en marche. L’exploitation des technologies digitales devient, de fait, un facteur majeur de la compétitivité des entreprises, des collectivités territoriales et des services publics. Cette diffusion du numérique touche aussi bien les acteurs économiques du digital – gestion de données, villes intelligentes, objets connectés, web agencies, etc. – que les PME des secteurs traditionnels comme le textile, la santé, la construction ou les transports. 

Le Président de la République a lancé au printemps 2013 le Plan France Très Haut Débit, qui vise à déployer, sur l’ensemble du territoire, les infrastructures indispensables à la transition numérique des acteurs économiques, au premier rang desquels les entreprises. 

Priorité à la fibre

Le Plan France Très Haut Débit représente un investissement global de 20 milliards d’euros, dont un tiers environ de subventions publiques – partagé pour moitié entre l’État et les collectivités territoriales. Si le seuil du très haut débit est fixé à 30 mégabits par seconde (MB/s), le plan s’appuie prioritairement sur le déploiement de réseaux de fibres optiques jusqu’à l’abonné (FTTH - Fiber To The Home) qui permettent de transférer des volumes de données quasi illimités à une vitesse très élevée – jusqu’à plusieurs centaines de mégabits par seconde. Ils offrent ainsi l’accès à des services nécessitant des débits importants : visioconférence, cloud, réalisations 3D, vidéos/photos, imagerie médicale… Les réseaux FTTH devraient, d’ici 2022, couvrir environ 80 % du territoire, avec une priorité donnée au raccordement des entreprises. Dans certains cas, le plan prévoit des opérations de montée en débit à partir des réseaux cuivre existants. Ces opérations consistent à amener la fibre optique jusqu’au centre du village ou du quartier afin d’améliorer le service pour le client. 

Déploiement et pilotage 

Le déploiement du très haut débit sur l’ensemble du territoire français a conduit à partager celui-ci en deux grands types de zones. Dans les zones « conventionnées », le déploiement est pris en charge directement par un opérateur privé (zones moyennement denses) ou plusieurs opérateurs privés (zones denses) dans le cadre de conventions signées entre ces opérateurs, l’État et les collectivités territoriales. Ces zones regroupent 55 % de la population française et couvrent environ 3 500 communes majoritairement urbaines. Le reste du territoire, c'est-à-dire sa plus grande surface, appartient aux zones d’initiative publique. Les collectivités territoriales y déploient les réseaux d’initiative publique (RIP), à l’instar du SIEL 42 (voir le témoignage « côté entreprises »).

La Mission Très Haut Débit, créée fin 2012, assure le pilotage du Plan. Elle est intégrée depuis l’année dernière à l’Agence du Numérique, service à compétence nationale rattaché à la DGE. Elle conseille et accompagne les projets de RIP élaborés par les collectivités territoriales. Elle leur apporte un appui technique et opérationnel tout au long des diverses étapes de conception et d’instruction, en lien étroit avec le Service de l’économie numérique de la DGE. Après instruction par l’Agence du Numérique et les services de la DGE, la décision finale de soutien d’un projet par l’État est prise par le Premier ministre.

Des milliers d’emplois en vue

Fin 2015, le taux de couverture en très haut débit était de 45 % - contre 27 % fin 2012 –, et devrait dépasser 50 % début 2017, en avance sur les prévisions initiales. Au-delà de ses objectifs d’équipement, il représente également un plan de relance de l’économie et de soutien à une filière industrielle française performante. Notre pays produit en effet environ 50 % de la fibre optique fabriquée en Europe et possède un tissu important d’entreprises liées à la technologie de la fibre (boîtiers de raccordement par exemple). Le déploiement du Plan France Très Haut Débit pourrait ainsi générer, à terme, 40 000 à 50 000 emplois, dont environ 20 000 pour le raccordement final de la fibre chez les utilisateurs.

Pour en savoir plus :

Sur le Plan France Très Haut Débit, la mission et la carte des projets :
www.francethd.fr

Sur le déploiement du plan, quartier par quartier :
http://observatoire.francethd.fr

Sur les technologies du très haut débit :
https://lafibre.info

Côté entreprises

Construire un réseau très haut débit départemental fait partie, depuis 2013, des compétences du Syndicat intercommunal d’énergies de la Loire (SIEL 42). Pionnier en la matière, ce dernier porte le projet THD 42, qui prévoit le raccordement en fibre optique de chaque habitation et local professionnel du département d’ici à 2020.

Qu’est-ce qui a généré ce projet de raccordement généralisé à la fibre optique ?

Il répond à l’origine à la demande de nos collectivités adhérentes, communes ou EPCI*, qui éprouvent des difficultés pour se connecter et n’ont accès qu’à des débits très faibles. Aujourd’hui, nous voulons raccorder tout le monde à la fibre, soit 172 000 logements et entreprises, où qu’ils soient implantés. Cela représente un investissement global de près de 300 millions d’euros, pris en charge aux deux tiers par le SIEL et les collectivités adhérentes, et pour le tiers restant par l’État dans le cadre du Plan France Très Haut Débit et la région Rhône-Alpes.

Quels sont les enjeux pour votre territoire ?

Il en va en particulier de la pérennité et du développement des entreprises. Le très haut débit devient essentiel pour elles. Il va aussi permettre de rendre d’innombrables services, je pense par exemple à la télémédecine… Et les travaux d’installation vont générer 600 emplois directs, dans le cadre de marchés attribués à 18 entreprises. 

Comment le déploiement est-il planifié ? 

La carte des raccordements se dessine au fil de l’eau, en fonction des priorités des collectivités. Par ailleurs, la situation est différente sur les 49 communes des agglomérations de Saint-Étienne et de Roanne, où le déploiement se fait à l’initiative des opérateurs privés.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Nous avons déjà effectué 2 000 raccordements, et 45 000 sont prévus en 2016. L’ensemble doit être achevé d’ici 2020. 

* EPCI : établissements publics de coopération intercommunale.

Gaboweb a été créée en 2008. Cette "web agency" et société de services internet (développement, référencement, hébergement, maintenance et formation) s’est installée voici un an à Gouvieux dans l’Oise, notamment en raison de l’accès offert par cette commune à une connexion FTTH ("Fiber To The Home"), effectuée par le syndicat mixte Oise très haut débit (SMOTHD) dans le cadre du Plan France Très Haut Débit.

De quel type d’équipement disposez-vous ?

On a la fibre dans nos locaux depuis le 3 juin 2015. Auparavant, on devait utiliser notre réseau 3G avec un débit de 20 à 30 MB/seconde. Avec la fibre, on est à 250 MB/s en réception et à 50 MB/s en émission. La réception et l’envoi, même de très gros fichiers photos ou vidéos, sont presque instantanés. 

En quoi le très haut débit numérique est-il important pour votre activité ?

Il nous permet de rester compétitifs en travaillant beaucoup plus vite, et d’échanger rapidement avec nos clients ou prospects. Nous sommes six et nous effectuons des dizaines de téléchargements quotidiens. Avec la fibre, on peut gagner chacun jusqu’à une heure par jour ! Le THD nous permet aussi de faire des visioconférences efficaces avec nos clients, avec partages d’écrans ou d’applications, prises en main à distance, etc. Tout cela nous évite de nombreux déplacements et nous permet une bien meilleure réactivité. Et côté sécurité, les sauvegardes de nos serveurs s’effectuent beaucoup plus facilement.

Comment votre raccordement s’est-il passé ?

Cela a été réglé très rapidement. Les techniciens m’ont demandé où je voulais le boîtier et l’ont installé selon mes souhaits.

Considérez-vous le très haut débit comme un facteur important de votre développement ?

Oui, bien sûr. Mais je dirai même que si on ne l’avait pas, on ne pourrait pas travailler. D’ailleurs, on ne serait pas venus ici s'il n'y avait pas eu la fibre.