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Economie

Bpifrance souffle ses trois premières bougies

En trois ans d’existence, la banque publique d’investissement Bpifrance est devenue un acteur incontournable en matière de financement et d’accompagnement du développement des entreprises. Outil d’appui et de mise en œuvre des politiques publiques conduites par l’État et par les régions, son dynamisme s’avère particulièrement fort en matière de soutien à l’innovation, dont l’activité est pilotée par la DGE.

Lors de sa création début 2013, Bpifrance a réuni au sein d’une structure unique les opérateurs publics concourant à accompagner le développement des entreprises. L’objectif était de construire une synergie cohérente de l’ensemble des instruments de l’action publique au service de la croissance des entreprises, et de pouvoir leur proposer, dans chaque région, toute la gamme des outils de financement. 

Plus de soixante-douze mille entreprises ont bénéficié, en 2015, du soutien direct ou indirect de Bpifrance. Celle-ci a mobilisé à leur profit 13,3 milliards d’euros de crédits et d’aides, 3,7 milliards d’euros de garanties bancaires, et 1,8 milliard d’euros de fonds propres investis au capital des entreprises.

Une large palette d’outils

Bpifrance dispose d’une palette complète d’outils financiers, adaptés aux besoins des entreprises de toute taille : crédits court terme (préfinancement du CICE, mobilisation de créances), garanties de prêts bancaires, prêts à moyen et long terme, financement de l’innovation sous diverses formes, investissements en fonds propres au capital des entreprises, outils de financement export. Ces derniers vont être renforcés d’ici fin 2016 avec l’intégration, au sein de Bpifrance, des activités de garanties publiques à l’export jusqu’ici portées par Coface.  

L’action de la DGE

Innovation, start-ups et capital risque

Le partenariat opérationnel entre la DGE et Bpifrance est au cœur de l’impulsion donnée aux politiques d’innovation et de développement des entreprises. Membre des différentes instances de gouvernance de Bpifrance, la DGE est responsable du programme budgétaire dédié à l’innovation voté par le Parlement, sur lequel sont financés les programmes d’aides individuelles. Opérateur unique du financement de l’innovation, Bpifrance est facteur de cohérence : il intervient sur dotations de l’État, des régions, de l’Europe, permettant aux entreprises d’accéder à l’intégralité des dispositifs de soutien.

Depuis sa création, Bpifrance a fortement enrichi sa gamme d’interventions pour accompagner les entreprises innovantes, en particulier les start-ups. Des dispositifs tels que la bourse French Tech ou les prêts d’amorçage sont venus compléter avec succès la palette des subventions, prêts bonifiés et autres avances remboursables accordés en 2015 à plus de 5 300 entreprises. Le volume d’activité de Bpifrance pour le soutien à l’innovation a été multiplié par 1,7 depuis 2013, pour atteindre 1,3 milliard d’euros en 2015. 

Autre effet du regroupement des compétences, l’action de Bpifrance favorise la structuration du marché français du capital risque. La banque publique est devenue l’interlocuteur de toutes les sociétés de gestion de la place. Ses investissements (directs et indirects) représentent aujourd’hui 40 % des montants souscrits dans le capital risque en France.

Développement des PME

La DGE veille à ce que l’offre de Bpifrance réponde au plus près aux besoins des entreprises. Pour accompagner leur développement, la DGE a ainsi contribué à la définition des outils du Programme d’investissements d’avenir (PIA) gérés par Bpifrance, comme les prêts de développement et pilote les travaux sur le prêt « industrie du futur », qui prendra le relais des prêts de développement actuels. Autre exemple : l’ « Accélérateur PME » lancé en mars 2015 avec l’ambition d’aider les PME à devenir les ETI de demain. De son côté, la mise en place du préfinancement du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) a permis de répondre aux besoins de financement de trésorerie des entreprises.

International

Bpifrance devient peu à peu la banque de l’internationalisation des PME et des ETI : son offre de financements et de garanties se déploie en parallèle de services d’accompagnement et de missions export pour répondre aux besoins des entreprises. Ayant intégré les équipes de Business France, elle met actuellement en œuvre le transfert de la direction des garanties publiques de Coface. L’ensemble de son activité à l’international sera désormais géré par une direction transverse d’accompagnement et de financement.

Pour en savoir plus :

Sur Bpifrance :

http://www.bpifrance.fr/

Sur les métiers et les offres de Bpifrance :

http://www.bpifrance.fr/

Sur le bilan d’activité 2015 de Bpifrance :

http://www.bpifrance.fr/


(Dossier réalisé avec la participation de Marie-Laure Wyss, Chargée de mission Participations Bpifrance / DGE).

Côté entreprises

Au sein de Bpifrance, la direction de l’innovation illustre l’ambition de miser sur le potentiel d’innovation et de création de valeur que recèlent certaines entreprises. En appuyant son action transverse sur deux piliers essentiels : financement et accompagnement.

Quelle vision stratégique guide l’action de Bpifrance en faveur de l’innovation ?

Une vision clients. Bpifrance a été bâtie depuis trois ans sur une écoute forte des attentes des entreprises. Cela a été l’objet du plan Nova, d’où sont sorties des exigences fortes : simplification, réactivité, accompagnement au-delà du financement et lisibilité de l’impact de nos actions. Le choix de créer une direction de l’innovation incarne quant à lui une vision transversale du soutien à l’innovation, quels que soient les outils mis en œuvre.

Par quelles actions cela se traduit-il ?

Nous avons, depuis trois ans, quasiment doublé nos financements de l’innovation. Notre gamme de produits et de services a été enrichie selon trois axes : simplifier et faciliter l’accès au crédit, accompagner les entreprises et leur assurer une continuité de financement. Côté accompagnement, nous avons lancé avec la DGE un “accélérateur PME” qui permet aux dirigeants de maximiser leurs décisions en s’appuyant sur des échanges entre pairs, des diagnostics de management 360°, des avis d’experts… Nous lançons maintenant le même type d’accélérateur pour les ETI et les start-ups. Nous avons aussi mis en place “le Hub” qui vise à catalyser les liens entre start-ups, ETI et grands groupes.

Qu’attend-on de tout cela ?

Une transformation profonde de l’économie française, centrée sur la création de valeur et l’innovation. C’est un processus long, mais qui commence à porter ses fruits, comme l’émergence de la French Tech. Ce vaste écosystème n’est pas seulement lié au numérique. On y trouve aussi, par exemple, les filières très prometteuses des “biotech” et des “greentech”, avec les technologies liées à la transition écologique et énergétique. Tout cela illustre notre devise : servir l’avenir !

Le groupe Daher, fondé en 1863 par l’arrière grand-père de Patrick Daher, était jusqu’au début des années 2000 un prestataire de haut vol dans le monde du transport et de la logistique. Il est devenu depuis un équipementier aéronautique alliant l’industrie et le service, et un constructeur d’avions reconnu. Accompagné par Bpifrance, il poursuit sa transformation sur un rythme soutenu.

Quelle est votre stratégie de développement ?

Nous travaillons par transformations radicales environ une fois tous les cinq ans. La première date de 2003, lorsque nous sommes devenus un groupe industriel. En 2007, nous avons décidé de grandir pour devenir un des grands équipementiers français. Notre plan actuel, “Performance 2017”, date de 2012 et vise à faire du groupe l’un des équipementiers les plus robustes et les plus responsables, tant en termes d’innovation que de performance opérationnelle. Et nous préparons le coup d’après, une nouvelle transformation radicale à l’horizon 2018.

Comment Bpifrance accompagne-t-elle cette stratégie ?

Bpifrance détient 17,5 % de notre capital. Daher a été le premier dossier du FSI* lors de sa création fin 2008. Nous travaillions alors sur le rachat de Socata, filiale d’EADS, et sur plusieurs autres projets de développement. L’idée du FSI à l’époque était d’aider les PME à devenir des ETI dans des secteurs d’excellence française. Nous avons en quelque sorte été un cobaye idéal ! Nous avons depuis travaillé de façon extrêmement proche avec la banque publique d’investissement pour approfondir nos plans et orientations stratégiques.

Quelle plus-value cela vous apporte-t-il ?

J’ai trouvé un interlocuteur non seulement financier et industriel, mais aussi partenaire de notre réflexion et de nos décisions stratégiques. Tout cela nous a aidés à nous professionnaliser, notamment en termes de reporting et d’approfondissement de nos dossiers d’investissement. Pour moi, Bpifrance est l’actionnaire rêvé !

* Fonds stratégique d’investissement, l’une des trois entités fusionnées en 2013 au sein de Bpifrance.