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Tourisme

Le secteur du tourisme doit miser sur l'innovation numérique

Le tourisme est un secteur clé de l’économie du pays et présente au niveau mondial de fortes perspectives de croissance. Pour y prendre part, l’innovation numérique est aujourd’hui devenue une nécessité vitale pour améliorer « l’expérience client ». Elle constitue à ce titre l’un des piliers de la stratégie de l’État et de l’action de la DGE en faveur du développement du tourisme en France.

Le secteur du tourisme est un fleuron reconnu de l’économie française. Notre pays demeure la première place mondiale de fréquentation touristique avec 84,5 millions de touristes en 2015. La croissance du tourisme en France a longtemps été considérée comme automatique, au regard de facteurs d’attractivité perçus comme immuables. Or ces facteurs ne suffisent plus pour faire face à la concurrence accrue de destinations émergentes et de pays européens capables d’attirer les nouveaux touristes, notamment grâce au numérique. 

L’innovation numérique au service de « l’expérience client »

Capter la manne du tourisme international, en pleine expansion, suppose à la fois d’améliorer la qualité de l’accueil et de dynamiser l’accès aux produits, services et activités proposés. Il s’agit, en bref, d’améliorer “l’expérience client” des touristes en France. L’innovation numérique constitue l’un des piliers fondamentaux de la stratégie de l’État en la matière. Celle-ci vise notamment à favoriser la création d’outils et services applicatifs permettant aux clients une véritable personnalisation de leurs séjours. L’une des missions de la DGE consiste ainsi à accompagner la transition numérique des acteurs du secteur afin d’accroître sa compétitivité auprès des touristes français et internationaux. Sa stratégie repose sur deux piliers : développer les infrastructures (réseaux) et les équipements numériques des sites touristiques, et favoriser l’émergence de services touristiques innovants à l’échelle des destinations.

Développer l’équipement numérique des sites touristiques

Les équipements numériques (hotspots wifi, outils d’aide à la visite…) sont devenus incontournables pour offrir un accueil de qualité aux touristes. La DGE a à ce titre accompagné les offices du tourisme dans leur mutation grâce au numérique afin d’améliorer l’accueil dans les murs et hors les murs et garantir la diffusion d’une information touristique qualifiée. Elle a aussi lancé, avec la Région Normandie dans le cadre du contrat de destination « Tourisme de mémoire en Normandie », un appel à projets visant à soutenir la création de supports de visites innovants sur les sites de mémoire de l’Espace historique de la Bataille de Normandie. Cet appel à projets numériques sera déployé à l’échelle nationale durant l’été 2016, pour équiper un plus grand nombre de sites et destinations de mémoire de dispositifs numériques innovants.

Développer les écosystèmes d’innovation touristiques

L’objectif central du « Plan numérique pour le tourisme » mis en œuvre par la DGE, est de mettre en place un écosystème où l’innovation numérique puisse prendre toute sa place. Il s’agit notamment de permettre aux start-ups et aux entreprises traditionnelles du secteur de se rapprocher pour mieux appréhender le marché et co-développer des services touristiques innovants et qualifiés répondant aux attentes de la clientèle touristique. À ce titre, la DGE est partenaire du Welcome City Lab, l’incubateur de start-ups de la Ville de Paris exclusivement dédié à l’innovation touristique. Elle pilote également, en lien avec la mission French Tech, la création et l’animation d’un réseau national de structures d’incubation et d’accélération dédiées à l’entrepreneuriat et l’innovation touristique, s’inspirant notamment du modèle de l’incubateur parisien.

Ce volet dit « offensif » passe aussi par la mise à disposition de datas qualifiées afin de faciliter leur exploitation par les acteurs du numérique. C’est l’objet du projet national DATAtourisme, porté par la DGE et le réseau Tourisme & Territoires (ex-RN2D), retenu dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir (PIA). Ce projet vise à uniformiser, agréger à l’échelle nationale et à diffuser en open data les données touristiques institutionnelles produites et collectées dans les territoires, afin de faciliter leur réutilisation pour développer des services touristiques innovants. Il permettra ainsi  d’améliorer la visibilité et la commercialisation de l’offre des destinations françaises, par exemple à travers le portail national de promotion de la France www.france.fr, ou encore la création de nouveaux services par les acteurs touristiques et des entreprises.

Vers des financements renforcés

Toutes ces actions sont complétées par des mesures réglementaires destinées à assurer un développement économique équitable pour l’ensemble des acteurs, notamment face aux nouveaux acteurs émergeants du Web. S’il existe aujourd’hui une offre très large de plateformes de réservations touristiques, il s’agit de s’assurer qu’elles ne distordent pas la relation commerciale, par exemple entre les hôteliers et leurs clients. 

Le Gouvernement a pris la pleine mesure de l’importance de développer l’innovation numérique dans le tourisme. C’est à ce titre que le troisième volet du Programme d’investissements d’avenir (PIA3) prévoit une partie dédiée au financement du tourisme.

Pour en savoir plus :

Sur le poids du secteur du tourisme :

http://www.entreprises.gouv.fr

Sur le rapport  « Innovation dans le tourisme : diagnostic et perspectives » :

http://www.entreprises.gouv.fr/

Sur le projet DATAtourisme :

http://www.veilleinfotourisme.fr/

Côté entreprises

Tourisme & Territoires, ainsi renommé depuis l’assemblée générale de l'ex-RN2D du 8 juin 2016, est le partenaire opérationnel de la DGE pour conduire le projet DATAtourisme. Tourisme & Territoires représente le réseau des agences et comités départementaux du tourisme, principaux producteurs des données ciblées par le projet.

Comment s’organise aujourd’hui la collecte des données touristiques sur le territoire ?

Elles sont collectées et fiabilisées par une multitude d’acteurs de terrain, au niveau des régions, des départements ou infra, qui les regroupent sur des plateformes collaboratives appelées systèmes d’information touristique (SIT). Il en existe aujourd’hui plus de 50 différents sur le territoire. Lorsqu’une start-up ou tout autre acteur souhaite centraliser des données pour les réutiliser, il ou elle doit puiser dans tous ces systèmes. Le projet DATAtourisme vise à créer une plateforme unique afin de faciliter la réutilisation des données dans le cadre de nouveaux services. 

Quels types de données sont inclus dans le périmètre du projet ?

Essentiellement les données « froides » – le retable du 16e siècle visible dans telle église – ou « tièdes » – comme les horaires d’ouverture ou les tarifs de tel ou tel site, ou encore les manifestations saisonnières. On n’y inclut pas les données « chaudes », comme par exemple les plannings de réservation. À terme, la nouvelle plateforme mettra à disposition environ 1,5 million d’objets touristiques.

Qu’apporte la DGE à la dynamique du projet ?

Le portage par l’État dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir donne une crédibilité et favorise la mobilisation autour du projet. Cela permet de réunir des acteurs très différents. Et notre propre apport, c’est l’animation de tous les SIT et acteurs du monde institutionnel touristique. 

« Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » : c’est la question à laquelle entend répondre en quelques clics le site Visiteoo, développé par la "start-up" du même nom. Son système de filtres permet au visiteur de trouver facilement des visites et activités touristiques et culturelles, en fonction de ses envies et de sa localisation.

Quelle importance les données touristiques institutionnelles ouvertes ont-elles pour vous ?

Elles sont notre matière première. Ce sont elles qui vont nous permettre de lancer dès la rentrée 2016 notre application où l’on pourra trouver plus de mille fiches de visites ou d’activités culturelles, fiables et qualifiées, sur une grande partie du territoire français. Nous avons déjà accès aujourd’hui aux données “chaudes” de six grandes régions, dont l’Île-de-France, et nous allons étendre progressivement notre service à tout le territoire.

Le projet DATAtourisme représente-t-il une solution adaptée au développement de votre activité ?

Tout à fait. Ce qui est compliqué dans notre métier, c’est de développer les algorithmes d’intégration des flux venant d’une multitude d’interlocuteurs différents. Là, le fait d’avoir un seul et même interlocuteur qui agrège et actualise l’ensemble des données touristiques institutionnelles de toute la France représentera un gain énorme de temps, d’énergie et d’efficacité. 

Que signifie pour vous le portage d’un tel projet par les services de l’État ?

Le fait qu’il y ait une vraie interaction entre les institutions publiques, via la DGE, et les start-ups nous apporte une formidable motivation, un soutien et une légitimité… Nous nous sentons réellement accompagnées, aidées et intégrées dans les process de réflexion. Et le fait que l’État se positionne sur un tel projet est une façon claire d’affirmer que nous agissons tous, entreprises et institutions publiques, pour une promotion commune du territoire France.