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Industrie

L’industrie automobile française sur la route de la transition écologique

La solution « Mobilité écologique » de la Nouvelle France Industrielle est au cœur de la stratégie de la DGE en matière d’accompagnement et de soutien de la filière Industrie automobile française. Cette stratégie vise avant tout le développement des véhicules propres et intelligents, des nouveaux usages et services de l’automobile et, plus globalement, l’évolution de l’ensemble de la filière.

L’industrie automobile au sens strict (construction, équipements et accessoires, carrosseries, remorques et caravanes…) employait 224 000 personnes en France en 2015. Ces emplois représentent 7 % de l’emploi salarié de l’ensemble de l’industrie dans notre pays. Mais ce sont près de 2,3 millions de personnes, soit 9 % de la population active, dont l’emploi est lié, directement ou non, à la filière automobile. En 2015 toujours, l’exportation de produits automobiles de la France s’élevait à 43 milliards d’euros. 

Après une forte contraction de 2008 à 2013, les marchés automobiles français et européens ont renoué avec la croissance depuis 2014. La production française de véhicules a augmenté de 8 % en 2015 par rapport à 2014 et poursuivi sa progression en 2016. Les groupes Renault et PSA, les deux constructeurs français, représentent aujourd’hui près de 51 % du marché des véhicules neufs en France. Celui-ci a atteint 2,4 millions d’immatriculations en 2016.

Accords de compétitivité

La filière automobile française, soutenue par l’État, a su rebondir. Confrontés à la fois à la concurrence des pays à bas coût de main d’œuvre et à un défi de compétitivité « hors coût », les grands constructeurs nationaux et de nombreux équipementiers ont réagi, notamment en concluant des accords de compétitivité. Ces accords ont démontré la capacité des partenaires sociaux à se mobiliser dans une vision « gagnant-gagnant » permettant de préserver l’existence des grandes usines d’assemblage de véhicules et l’emploi. Ils ont ainsi redonné à la filière une visibilité à moyen et long termes.

L’État a pris une part active dans cette stratégie. Il s’est mobilisé pour aider la filière à se restructurer et pour soutenir la R&D et l’innovation, en visant une meilleure valorisation et différenciation des produits français. Il a pu s’appuyer sur les atouts majeurs que présente la filière automobile de notre pays, notamment du haut niveau d’ingénierie qui se traduit, entre autres, par d’importantes avancées sur la motorisation écologique et sur le véhicule autonome.

Des interventions structurées pour la filière

La DGE intervient dans la coordination de la politique sectorielle à travers le comité stratégique de filière (CSF) qui réunit les principaux acteurs industriels (constructeurs et équipementiers), les fédérations professionnelles, les syndicats de salariés et les acteurs institutionnels. Elle intervient également à travers la participation de l’État au capital des grands groupes, notamment Renault et PSA, fers de lance de l’industrie automobile française. Au niveau européen, elle participe au groupe de haut niveau GEAR 2030, lancé en janvier 2016, pour faire valoir les intérêts nationaux en matière automobile dans les politiques et réglementations communautaires. 

« Mobilité écologique » : des véhicules plus propres et intelligents

En mai 2015, la solution industrielle « Mobilité écologique » a regroupé les quatre plans précédemment mis en œuvre en 2013 : « La voiture pour tous consommant moins de 2 litres aux 100 km », « Bornes électriques de recharge », « Autonomie et puissance des batteries » et « Véhicule autonome ». Au cœur de la stratégie de la DGE, cette solution industrielle intégrée s’articule désormais autour de deux grands axes de recherche et de développement : le véhicule propre, économe en énergie, et le véhicule autonome, intelligent et connecté, en lien avec la prospective sur les nouveaux usages. La France se positionne ainsi, dans le cadre de la Nouvelle France Industrielle, en leader de l’automobile et de la mobilité de demain. 

Le soutien à la recherche et à l’innovation

En matière de recherche et développement, la DGE, en s’appuyant sur la solution « Mobilité écologique », mobilise divers leviers de financement de l’État. Parmi eux, le programme d’investissement d’avenir (PIA) finance plusieurs appels à projets dans le cadre de l’action « Véhicule du futur » opérée par l’Ademe ; le Fonds unique interministériel (FUI) soutient lui aussi la recherche appliquée, réalisée dans le cadre des pôles de compétitivité tels que Mov’eo en Normandie Île-de-France, Véhicule du futur dans l’est, IdforCAR dans l’ouest et Lyon Urban Truck&Bus.

L’accompagnement des entreprises

La DGE participe également à l’évolution de la filière en accompagnant la consolidation et la restructuration du secteur. Elle s’appuie notamment sur le réseau des Direccte, où des référents « automobile » ont pour mission d’anticiper les difficultés des PME et d’identifier celles qui présentent un potentiel de développement. Le Fonds d’Avenir Automobile (FAA, ex-FMEA), doté de 600 millions d’euros, permet en particulier de faire émerger des équipementiers de taille critique. Son action vise notamment à soutenir le développement de ces entreprises à l’international afin de les faire bénéficier d’économies d’échelle. L’Alliance pour l’industrie du futur et l’appel à « Projets industriels d’avenir » (PIAVE) sont également mis à contribution pour soutenir « l’usine du futur » dans le domaine automobile.

Enfin, la DGE contribue à l’évolution réglementaire et normative nationale et européenne qui accompagne le développement des véhicules plus propres, autonomes et connectés.

Pour en savoir plus :

Sur la filière automobile française :

http://www.entreprises.gouv.fr

Sur le contrat de filière :

http://www.entreprises.gouv.fr

Sur le plan de soutien à la filière automobile :

http://www.entreprises.gouv.fr

Côté entreprises

Le groupe français Valeo est l’un des leaders mondiaux de la conception, de la fabrication et de la commercialisation d’équipements automobiles. Il a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de 16,5 milliards d’euros et emploie plus de 90 000 personnes dans le monde. Valeo connaît une croissance de près de 15 % par an, liée à la fois à son expansion géographique et à des innovations industrielles nées en France pour la plupart.

Sur quels aspects porte l’innovation chez Valeo ?

Elle se développe par vagues dans le cadre d’un effort continu. Nous récoltons actuellement les fruits de la vague liée à l’électrification partielle ou totale des groupes motopropulseurs, qui permet de réduire les émissions de CO2. Avec les programmes d’aide à l’innovation PREDIT, lancés par l’État à l’orée des années 2000, Valeo est devenu numéro 1 mondial des alternateurs, puis des alterno-démarreurs et a été pionnier de la fonction « stop-start ». Les efforts portent maintenant sur le véhicule autonome et connecté. Valeo y travaille depuis une dizaine d’années. Nous fabriquons déjà chaque jour 500 000 capteurs pour des fonctions d’assistance à la conduite, et nous serons en 2017 les premiers sur le marché des télédétecteurs Lidar. 

Comment s’articule votre politique d’innovation avec celle de l’État ?

Nos programmes s’inscrivent dans le cadre de la solution “Mobilité écologique” de la Nouvelle France Industrielle. Nous avons une relation continue avec la DGE à qui nous expliquons nos axes de recherche, soumettons des projets collaboratifs qui sont ensuite acceptés ou non. Nous avons des contacts avec de nombreux établissements et laboratoires publics de recherche. L’essentiel des innovations que nous développons y trouve son origine. Le rôle de Valeo est de les rendre performantes et de les industrialiser. Par exemple, nous avons développé, à partir d’une technologie de sublimation du métal venant du laboratoire du CEA, un traitement de surface des optiques de phares qui améliore leur réflectivité et permet de gagner 10 à 15 % de rendement de la puissance lumineuse installée.

Quelle est l’importance des politiques publiques pour l’innovation ?

Elles sont essentielles. Le CIR (crédit d’impôt recherche) par exemple, est un instrument crucial pour la compétitivité du territoire français. Les aides thématiques, telles que celles qui permettent le rapprochement avec la recherche, sont aussi très importantes. Aujourd’hui, plus d’un tiers du chiffre d’affaires de Valeo est lié aux produits d’innovation. L’État joue son rôle en nous aidant à prendre des risques et à maintenir un flux continu de recherche et de résultats. Tout cela a un effet bénéfique à long terme, en particulier pour gagner la guerre des talents sur le territoire français en y cultivant un écosystème favorable.

La Plateforme de la filière automobile (PFA), dite aussi Filière automobile & mobilités, représente en France 4 000 entreprises de l’industrie automobile et du transport routier. Organisation d’intérêt collectif, elle a pour mission d’accompagner leur développement et de les renforcer, notamment à travers la promotion de l’innovation.

Comment se présente aujourd’hui, en quelques mots, la filière automobile française ?

Avec la reprise des marchés, le secteur amont – constructeurs, équipementiers et sous-traitants – a connu en 2016 une année très favorable. Au plan structurel, la filière s’est profondément réorganisée sous la pression de la crise. Elle a agi sur trois leviers clés : la rationalisation industrielle, un important effort d’innovation et la conquête de marchés extérieurs. Les équipementiers et sous-traitants, et c’est une tendance de fond, ont accru leur part dans la valeur ajoutée. L’une des particularités françaises est que les grands et moyens équipementiers sont devenus fournisseurs des constructeurs mondiaux. Outre les plus grands (Valeo, Faurecia, Plastic Omnium, Michelin…), une quinzaine d’entreprises sont devenues de grosses ETI qui ont su se positionner au niveau mondial. 

Dans ce paysage, quel rôle joue la plateforme de la filière automobile (PFA) ?

Elle suscite une dynamique d’innovation. La PFA développe, avec le Comité technique automobile, des « positions techniques de filière » qui permettent aux constructeurs et grands équipementiers de communiquer leurs besoins à l’ensemble du tissu industriel automobile français. Cela permet aux PME d’orienter leurs actions de R&D sur les enjeux et programmes prioritaires (véhicule allégé et électromobilité, véhicule autonome, véhicule connecté, stockage d’énergie), et de venir présenter leurs solutions. La filière joue également un rôle de sensibilisation auprès des PME et des ETI afin d’y promouvoir l’excellence opérationnelle, gage de compétitivité. Nous avons, d’autre part, lancé un chantier spécifique sur la numérisation des modes de production dans le cadre de l’Alliance industrie du futur. Il y a enfin un aspect formation pour que l’industrie automobile puisse disposer des compétences dont elle aura besoin demain.

Comment envisagez-vous aujourd’hui l’évolution de la filière ?

Il s’agit de poursuivre les actions en cours, toujours avec le soutien très positif des pouvoirs publics. En termes d’organisation, nous avons à progresser sur la représentativité de la filière auprès des instances françaises et européennes. Une réflexion est en cours pour mieux définir les thèmes à traiter par les grands acteurs et mieux harmoniser leurs positions.