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Cap Numérique : un projet stratégique pour l’État et les entreprises

Avec Cap Numérique, la Direction générale des entreprises vise deux grands objectifs : participer pleinement au renouvellement des méthodes de l’action publique, et aider les entreprises à saisir toutes les opportunités liées à la transformation numérique.

Le projet stratégique Cap Numérique va orienter l’action de la DGE pendant les trois prochaines années. Il prend ainsi le relais de Cap Compétitivité qui a placé l’entreprise au cœur de la politique et de l’action de l’État sur la période 2014-2017. Cap Numérique va poursuivre la réalisation de cette ambition en exploitant pour les entreprises françaises tout le potentiel de développement, de transformation et d’innovation lié à l’économie numérique et au partage des données. Les outils de l’économie numérique génèrent en effet aujourd’hui de nouveaux modes de production et de nouveaux usages qui changent la nature même des activités, comme le montrent l’émergence rapide de plateformes de services de toute nature, la robotisation croissante de l’industrie et la spectaculaire montée en puissance de l’intelligence artificielle, grande utilisatrice de Big Data. Une nouvelle révolution industrielle et sociétale est bel et bien engagée. L’État, et en son sein la DGE qui se veut exemplaire, se doit de l’accompagner au service de l’intérêt général : nous devons penser ensemble et mettre en œuvre les nouveaux modèles qui seront efficaces dans le monde de demain.

Une administration de référence en matière de numérique

Ce défi nécessite en premier lieu de renouveler en profondeur l’action publique dans ses méthodes de travail. Avec Cap Numérique, en s’appuyant sur l’ouverture et le partage des données dont disposent ses services – et en respectant bien évidemment le cadre législatif et réglementaire en matière de données –, la DGE se donne l’ambition de devenir une administration de référence. Dans une première phase, des ateliers collaboratifs ont permis de recueillir quelque 500 propositions émanant directement des agents de la direction. Cette large consultation, dans le cadre de la co-construction de la feuille de route du projet Cap Numérique, a donné lieu à un processus d’instruction et de synthèse qui a conduit à définir trois grands axes d’actions : l’accompagnement de la transformation des entreprises, les relations entre la DGE et les entreprises, puis les méthodes de travail internes à la DGE elle-même. 

Dématérialiser les “process” internes

La transformation numérique ne concerne pas seulement des évolutions techniques comme l’usage des données, mais également les modes de travail qui évoluent grâce à la dématérialisation progressive des process internes. Cela suppose l’utilisation d’outils tels que les messageries instantanées, les visioconférences, les outils d’écriture partagée et la gestion électronique des documents (GED) afin de permettre à chaque service et à chaque agent un accès simple et rapide à l’ensemble des données ouvertes en interne, toujours dans les limites fixées par la loi. Le programme d’action prévoit aussi très rapidement, par exemple, l’ouverture d’une salle de co-working au siège de la DGE. 

Favoriser l’émergence d’usages inédits

Grâce à Cap Numérique, la DGE se donne les moyens d’être performante en matière d’Open data dans son propre fonctionnement et de jouer le rôle majeur qu’elle ambitionne auprès des entreprises françaises pour qu’elles tirent le maximum de la valorisation des données qu’elle va mettre à leur disposition. Ces données sont un véritable patrimoine public national et constituent un gisement important de valeur et de compétitivité. 

L’ouverture des données par l’État aux acteurs économiques, en particulier aux entreprises, doit permettre l’émergence de nouvelles connaissances, de nouveaux usages et de nouvelles applications créatrices de valeur dont on n’a pas encore idée aujourd’hui. Ce qui a déjà été réalisé par exemple avec DATAtourisme dans le cadre de la mission Etalab, c’est-à-dire une ouverture massive de données touristiques dans un format utilisable par le maximum d’usagers, en est une illustration convaincante. La mission de Chief Data Officer (CDO) créée au sein de la DGE vise à assurer la coordination et le suivi de la stratégie de la direction sur la valorisation des données produites et collectées (lire l’interview de Romain Delassus, Chief Data Officer), tant à l’interne qu’en externe.

Une philosophie d’accès à l’information

Aujourd’hui, le potentiel de valorisation des données reste vaste dans divers secteurs industriels (transports, énergie, santé, agriculture, etc.). Dans le domaine de la production même, l’interconnexion des usines par les plateformes de données industrielles pourrait ouvrir une nouvelle ère dans le domaine manufacturier. La stratégie d’ouverture des données publiques fait partie intégrante de la stratégie de modernisation de l’action publique. Au-delà de chacun des usages spécifiques possibles, la diffusion d’Open data garantit le libre accès des données et leur réutilisation par tous, sans restriction. C’est un mouvement de fond, une philosophie d’accès à l’information et une pratique de publication de données librement exploitables. L’Open data permet à tous les citoyens de trouver des informations, aux chercheurs d’enrichir leurs études, aux journalistes de disposer d’une source fiable… Les start-ups peuvent réaliser leurs études de marché ou développer des applications à partir de ces données. L’Open data est la première marche vers “l’État plateforme” : il s’agit de travailler avec les citoyens et de leur fournir les ressources qui leur permettent d’innover, d’inventer de nouveaux services, et de profiter de cette dynamique pour faire entrer l’ensemble des administrations dans des démarches d’innovation ouverte.

La DGE veut ainsi favoriser la maîtrise des technologies numériques et ouvrir la voie pour leur introduction dans le quotidien des entreprises par exemple avec les objets connectés, l’intelligence artificielle, le Big Data, la simulation numérique, le calcul haute performance, le cloud computing, ou encore la réalité augmentée.

Pour en savoir plus :

Sur le projet stratégique Cap Numérique :
https://www.entreprises.gouv.fr/

Sur la DGE et l’“Open Data” :
https://www.entreprises.gouv.fr/

Sur la plateforme ouverte des données publiques françaises :
https://www.data.gouv.fr/fr/

Sur la mission Etalab :
http://www.etalab.gouv.fr/

Côté entreprises

Conseiller au cabinet du directeur général de la DGE, Romain Delassus a été récemment nommé préfigurateur de la fonction de “Chief Data Officer” (CDO) au sein de la direction. L’objectif est d’établir une feuille de route partagée permettant la mise en actions du projet d’ouverture des données défini dans le cadre de Cap Numérique.

En quoi consiste le rôle de “Chief Data Officer” ?

Le CDO est la personne chargée d’assurer la mise en œuvre et le suivi de la stratégie de la DGE sur l’ouverture et la valorisation des données produites et collectées par la direction. C’est l’une des actions phares proposées dans le cadre du projet Cap Numérique. En interne, il s’agit de recenser les données dont nous disposons, de qualifier leur utilisation possible et de piloter leur partage entre les différents services, en cohérence avec les potentialités identifiées et les méthodes de travail que nous voulons mettre en place. Et à l’externe, il s’agit d’organiser la mise à disposition des données en veillant à la qualité du processus et au respect du cadre légal. Nous le ferons en interrogeant les utilisateurs potentiels sur leurs besoins, sur la nature et le format des données à diffuser. 

Quelles sont les données concernées ?

Une partie du travail va justement consister à le déterminer. Nous allons partir des usages déjà identifiés et avancer en mode agile, en initiant des boucles de rétroaction basées sur l’expression des besoins définis par les utilisateurs eux-mêmes, à l’interne comme à l’externe. Mais la valeur des données réside d’abord dans leur croisement. Nous devons donc aussi travailler sur leur interopérabilité, soit en les normalisant à l’aide d’interfaces propres à tel ou tel utilisateur, soit en standardisant leur format. 

Comment ces données vont-elles être identifiées et collectées au sein de la DGE ?

Chaque bureau thématique ou sectoriel au sein de la direction sera consulté sur ses besoins, de manière à encourager l’initiative et ne pas avoir une feuille de route déconnectée des réalités opérationnelles. Nous allons nous appuyer sur les méthodologies qui ont déjà fait leurs preuves, sur le retour d’expérience de projets déjà en cours et qui fonctionnent, comme DATAtourisme, Guichet Entreprises ou encore des projets initiés par certaines Direccte, par exemple le projet “Réso” sur le ciblage des dispositifs d’aides aux entreprises.

Quelles niches économiques peuvent-elles être intéressées par l’ouverture de vos données ?

L’Open data permet à tous les citoyens de trouver des informations, aux chercheurs d’enrichir leurs études, aux start-ups de réaliser leurs études de marché ou de développer de nouvelles applications. Les usages possibles sont bien souvent non anticipés et peuvent être quasi infinis dans des domaines aussi variés que la santé, le marketing, le transport, l’industrie… Mais l’Open data répond aussi à une demande de transparence démocratique et de partage d’information sur le travail des pouvoirs publics. La DGE a un rôle majeur à jouer pour aider toutes les entreprises à se saisir des opportunités liées à la transformation numérique. Mais pour être crédible, il faudra aussi être exemplaire. 

L’ANSSI est une agence de l’État rattachée au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) qui assiste le Premier ministre dans l’exercice de ses responsabilités dans ce domaine. Yves Verhoeven pilote la définition des politiques nationales et leur promotion à l’international en matière de sécurité numérique.

Quelle est la mission de l’ANSSI ?

Notre action porte d’abord sur les administrations et les opérateurs d’importance vitale (OIV) pour la nation. Au-delà de ces priorités de sécurité nationale, nous nous intéressons à tous les acteurs susceptibles d’être touchés par les questions de sécurité numérique. Nous sommes à ce titre très impliqués dans l’accompagnement de la transformation numérique des entreprises. Dans un contexte de menace croissante, celle-ci doit être synonyme de confiance et donc se faire de manière sécurisée, dans un juste équilibre entre niveau de risque et coût. C’est pourquoi nous invitons les entreprises à faire une analyse de risque pour déterminer quels sont leurs processus et données sensibles et pouvoir décliner les mesures de sécurité adaptées.

Comment accompagnez-vous cette sécurisation ?

Nous portons des missions de sensibilisation, de diffusion des bonnes pratiques et d’assistance aux victimes. Nous avons mis en ligne avec la CPME un Guide des bonnes pratiques de l'informatique : 12 règles essentielles pour sécuriser vos équipements numériques. Il existe en effet des solutions de prévention assez simples : choisir ses mots de passe avec soin, mettre à jour régulièrement les logiciels, effectuer des sauvegardes régulières… Nous avons aussi lancé un MOOC (cours en ligne) sur la sécurité numérique, baptisé SecNumacadémie. Il est accessible à tous et connaît un grand succès. Nous faisons également de l’accompagnement et de la sensibilisation de proximité, à travers un réseau de délégués en régions qui apportent du conseil au plus près des utilisateurs.

Vous parliez aussi d’assistance aux victimes…

Tout à fait. En partenariat notamment avec le ministère de l’Économie et des Finances et la DGE en particulier, nous avons lancé en octobre au niveau national la plateforme cybermalveillance.gouv.fr. Pilotée par le GIP ACYMA, elle apporte des réponses à toutes les victimes de cybermalveillance, qu’il s’agisse du grand public, de collectivités ou de TPE/PME. Le site les aide à s’orienter via un pré-diagnostic vers des prestataires de proximité et propose des fiches “réflexes” pour mieux se prémunir contre de futures attaques informatiques.

Y a t-il une articulation entre votre action et le projet Cap Numérique de la DGE ?

Nous n’en sommes pas formellement partie prenante. Nous sommes toutefois impliqués dans de nombreux travaux avec la DGE, notamment sur le programme “Transition Numérique” lancé par le Gouvernement en 2012, en cours de refonte, qui aide les TPE et les PME à s’approprier les nouveaux usages numériques pour améliorer leur compétitivité. Nous avons par exemple établi une qualification des offres de cloud propres à garantir aux entreprises un certain niveau de sécurité.