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Compétitivité

L’ingénierie au cœur de la compétitivité des entreprises

Facteur clé de la compétitivité économique des entreprises françaises, le secteur de l’ingénierie fait l’objet de la part de la DGE d’une attention soutenue et d’un soutien volontariste.

L’ingénierie rassemble les fonctions allant de la formalisation du besoin des utilisateurs, puis de la conception et des études, jusqu’à la responsabilité de la construction et au contrôle des équipements d’un ouvrage, d’une installation technique ou d’un produit. Les entreprises d’ingénierie trouvent ainsi des débouchés majoritairement dans tous les secteurs de l’industrie et de la construction, mais aussi dans d’autres secteurs dès lors qu’il s’agit, par exemple, de structurer une organisation et de mettre en place les outils adéquats, notamment informatiques. 

Des applications multiples 

L’industrie est l’un des champs d’application privilégiés des entreprises d’ingénierie. Dans le cadre de leurs fonctions de conception et de conseil, les sociétés d’ingénierie fournissent aux industriels des prestations technologiques variées afin de répondre à leurs besoins et à ceux de leurs clients : développement d’équipements spécialisés, robotisation de tâches de production, développement de solutions numériques en général… L’ingénierie intègre des technologies qui, assemblées, permettent de développer des produits ou services très élaborés. Les entreprises d’ingénierie apportent par ailleurs une forte contribution aux secteurs des transports, de l’énergie et de l’environnement, dans un contexte de métropolisation croissante des grandes villes au niveau mondial et de besoin d’infrastructures dans les pays émergents. Les travaux du Grand Paris Express ou le métro de Riyad en Arabie Saoudite en sont des illustrations.

Pour l’Industrie du futur et de la transformation numérique : un fort effet levier

Dans ces grands projets, les sociétés d’ingénierie peuvent intervenir, selon les cas, en assistance à maîtrise d’ouvrage, en maîtrise d’ouvrage associée ou en maîtrise d’œuvre. L’ingénierie apporte dans tous les cas une forte valeur ajoutée en termes de compétences techniques, d’évolution des process, de modernisation des outils de production et d’évolution des compétences au sein de leurs entreprises clientes. Ces activités constituent un maillon essentiel dans le développement de l’Industrie du futur et du développement numérique en général. Les entreprises d’ingénierie fournissent une main d’œuvre hautement qualifiée, et contribuent largement au développement des activités de R&D, et d’innovation au sein des entreprises clientes. D’un point de vue plus macro-économique, sa valeur ajoutée pour l’économie française est importante : une étude récente* estimait qu’un milliard d’euros investi dans le secteur de l’ingénierie et de la construction génère 2,3 milliards d’euros de revenus pour l’économie française, et entraîne la création de près de 12 000 emplois pérennes.

Le développement à l’international, facteur clé de réussite

L’une des caractéristiques de l’ingénierie française est d’être, au sein des activités de services aux entreprises, le secteur qui réalise la plus forte part de son chiffre d’affaires à l’export (25%). Cette tendance montre la voie à suivre, notamment dans un contexte de baisse de l’investissement public en France. Toutes les entreprises d’ingénierie sont concernées, quelle que soit leur taille. L’expertise française est prisée à l’étranger, notamment dans les domaines du transport, de la transition énergétique, du conseil en technologie… Si aujourd’hui, les leaders du secteur s’exportent bien, les petites entreprises  – 90% des entreprises d’ingénierie en France ont moins de dix salariés – ont également intérêt à s’engager dans cette voie. Les pouvoirs publics disposent d’instruments qui peuvent y contribuer et qui restent encore pour certains mal connus des entreprises d’ingénierie : aides à l’exportation de Business France, celles de Bpifrance ou encore le Fonds d’étude et d’aide au secteur privé (FASEP). Par ailleurs, la formation des ingénieurs français est appréciée à l’étranger, peut contribuer à faire connaître l’offre française, via notamment les réseaux d’anciens élèves des grandes écoles d’ingénieurs ou les partenariats académiques des grandes écoles françaises d’ingénierie (Institut Mines Telecom, CentraleSupélec, Paris Tech, CNAM) avec les écoles étrangères.  

Un enjeu d’attractivité auprès des jeunes

Ce fort enjeu de développement à l’international recouvre également un enjeu d’attractivité des métiers de l’ingénierie auprès des jeunes. Il faut continuer à mettre en lumière les atouts de ces métiers qui permettent de mener des carrières très diverses, où l’innovation est omniprésente, très tournées vers l’international et qui sont peu confrontées au chômage. Ces carrières s’adressent à tous les étudiants et étudiantes, sans exclusivité. Les femmes représentent désormais 30% des actifs dans le secteur de l’ingénierie, contre 5% dans les années 1970. C’est une dynamique qu’il faut continuer à soutenir et il est important pour cela de faire connaître les actions des réseaux “les ambassadeurs de l’ingénierie” (créés à l’initiative de la fédération Syntec-Ingénierie), de l’association “Elles bougent”, ou encore le “programme de promotion des métiers de l’ingénieur et du scientifique” déployé par la Société des ingénieurs et scientifiques de France (IESF).

La DGE dans l’action

Chargée du développement et de la diffusion de l’Industrie du futur, la DGE accorde une grande importance au secteur de l’ingénierie. Les DIRECCTE (services déconcentrés de la DGE en région) contribuent à promouvoir l’ingénierie et à sensibiliser les entreprises sur les services qu’elle peut leur apporter. Elles peuvent aussi être amenées à appuyer les entreprises d’ingénierie elles-mêmes pour les aider à affiner leur stratégie de développement, notamment à l’export, à identifier les débouchés de leurs activités, etc.

Au niveau national, la DGE participe au développement des politiques publiques favorables à l’action de l’ingénierie, telles que le Plan transition numérique dans le bâtiment (PTNB). Elle s’implique également dans l’orientation et le développement de l’innovation au sein des sociétés d’ingénierie via des dispositifs particuliers (Fonds unique interministériel (FUI) et concours d’innovation). La DGE contribue enfin à l’organisation du Grand prix national de l’ingénierie pour promouvoir certaines des réalisations exemplaires du secteur.

* « Ingénierie et construction : impact de la filière sur l’économie française », PwC, 2016.

Pour en savoir plus :

- Sur les données clés de l’ingénierie externalisée :

https://www.entreprises.gouv.fr/

- Sur un panorama plus complet du secteur (étude INSEE 2012) :

https://www.insee.fr/

- Sur le Grand prix national de l’ingénierie 2018 :

https://www.entreprises.gouv.fr/

Côté entreprises

Forte de 400 entreprises adhérentes, la fédération Syntec-Ingénierie se donne pour missions de promouvoir l’ingénierie et ses métiers, de représenter l’ingénierie et défendre la profession. Elle s’attache à anticiper et à décrypter les enjeux sociétaux pour favoriser le développement de l’ingénierie de demain.

Pourquoi le développement à l’international est-il important pour les entreprises d’ingénierie ?

D’après un baromètre international clôturé le mois dernier (avril 2018) auprès de nos adhérents, une entreprise sur quatre réalise plus de 50% de son chiffre d’affaires à l’international. Cette ouverture représente une opportunité de croissance et de développement, tant en termes de chiffre d’affaires que de ressources humaines. Le besoin d’infrastructures et d’équipements est important dans les pays à économie émergente. De plus, l’opportunité de travailler à l’international est un facteur à la fois d’attractivité pour les collaborateurs et de développement des compétences. C’est aussi très positif pour l’économie française car cela permet de déployer des technologies, des normes et une culture technique d’origine française. 

Comment les entreprises peuvent-elles se lancer à l’export ?

En faisant appel à divers dispositifs publics de conseil et d’accompagnement. Pour sa part, Syntec-Ingénierie soutient le développement à l’étranger à travers de nombreuses actions dans le cadre de sa commission internationale. En 2018, nous avons organisé plusieurs rencontres avec nos partenaires que sont Bpifrance, Business France, ainsi que la dixième édition de nos rencontres biennales avec l’Agence Française de Développement, qui a connu un record de participation.

Quel rôle l’ingénierie est-elle appelée à jouer dans l’Industrie du futur et le développement numérique ?

L’ingénierie est un vecteur de transversalité et de diffusion des technologies entre les différents secteurs industriels. De ce fait, l’externalisation de l’ingénierie s’accroît dans le déploiement de nouvelles solutions numériques dans l’industrie : robotisation, intelligence artificielle, internet des objets… Cette expertise a d’ailleurs été présentée à l’occasion du dernier Salon Global Industrie qui se tenait dans le cadre de la Semaine de l’Industrie organisée par la DGE en mars 2018 à travers différents temps forts de la profession.

Quelles actions menez-vous pour valoriser, notamment auprès des jeunes, l’attractivité des métiers de l’ingénierie ?

Au regard de nos forts besoins de recrutement, nous allons accroître nos efforts pour mieux faire connaître nos entreprises auprès des étudiants des écoles d’ingénieurs. En amont, nous voulons en particulier nous adresser aux jeunes filles qui représentent 50% des effectifs dans les filières scolaires scientifiques, mais qui sont ensuite moins de 30% dans les cursus d’ingénieurs. C’est entre autres en pensant à elles que nous venons de lancer notre dispositif “Les ambassadeurs de l’ingénierie”, réseau de volontaires chargés d’aller à la rencontre des jeunes et des étudiants. Quant à l’attractivité de nos métiers, elle réside dans un travail sur des projets et des réalisations concrets. Ils valorisent d’une manière tangible les savoir-faire et les connaissances acquis durant les études, ainsi que la créativité. On peut atteindre assez vite un niveau intéressant de responsabilité. Enfin, aussi bien dans l’industrie que dans la construction, les projets intègrent de plus en plus des dimensions environnementales qui impliquent un engagement sociétal motivant. 

 

Fondée en France en 1982, Altran est aujourd’hui l’un des leaders internationaux du conseil et de la fourniture de solutions d’ingénierie aux entreprises industrielles. Le groupe emploie plus de 45 000 collaborateurs dans le monde et vise en 2018 un chiffre d’affaires d’environ 3 milliards d’euros. En France, Altran y contribue à hauteur de quelque 950 millions d’euros, auprès d’un millier de clients – grands acteurs et ETI industriels –, et emploie plus de 10 000 collaborateurs.

Quels services d’ingénierie proposez-vous aux entreprises industrielles ?

Nous leur fournissons des prestations dans trois grands domaines : le digital, l’engineering et le manufacturing. Nos clients sont de grands donneurs d’ordre de l’industrie dans une dizaine de secteurs : automobile, aéronautique, énergie, électronique, télécoms, santé… Ils sont aujourd’hui confrontés à un virage technologique, lié au numérique, qui les conduit à redéfinir leurs métiers et leur impact marché selon deux dimensions : leur attractivité – construire des solutions innovantes – et leur compétitivité dans tous ses aspects. Nous les accompagnons sur ces deux axes. 

Un exemple ?

Oui, nous avons accompagné un constructeur automobile sur un important projet de transformation à travers lequel il souhaitait faire monter en puissance son ingénierie à l’échelle internationale. Cela nous a conduits à mettre en place au Maroc un centre d’ingénierie intégré qui travaille avec leur R&D. Nous avons attiré les talents, recruté, intégré ces équipes d’ingénieurs localement pour des activités de mécanique, des activités système, des activités soft, tout ce qui accompagne une ingénierie ou des études du secteur automobile.

Quelle valeur ajoutée apportez-vous à vos clients ?

Dans le cadre de ce qu’on appelle l’Industrie du futur, nous sommes confrontés à de grandes ruptures technologiques qui modifient en profondeur la chaîne de valeurs : les systèmes complexes, les analyses de données, les blockchains, la cybersécurité, la connectivité, les matériaux etc. Les produits deviennent de plus en plus des services, les technologies transforment la séquence industrielle et les hommes doivent être formés pour maîtriser ces changements. Nos clients font des choix qui les conduisent à ne pas tout intégrer en interne. Il s’agit pour nous de bien comprendre ces choix et de leur apporter les briques manquantes, nécessaires à leur réalisation. C’est la valeur que nous apportons.

Le développement des entreprises industrielles à l’international vous semble-t-il important ?

C’est incontournable, en particulier en termes de recherche de talents. Pour faire court, on manque d’ingénieurs. Ils sont “chassés” de tous côtés, on voit des boîtes américaines venir s’implanter en France pour en recruter, ce qui aggrave la pénurie pour nos propres entreprises. L’enjeu est à la fois un enjeu de formation et de la manière de s’y prendre pour être le plus attractif possible vis-à-vis des talents existants en France, en Europe et dans le monde.