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Tourisme

Objectif compétitivité pour la destination France

Le tourisme joue un rôle majeur dans l’économie française. Tenir son rang de première destination mondiale, dans un secteur de plus en plus concurrentiel au niveau international, impose à la France de renforcer sa compétitivité en la matière. C’est l’objet de la feuille de route qui a été confiée par le gouvernement à la DGE en octobre 2017.

La France est la première destination en termes d’arrivées de touristes internationaux. La consommation touristique intérieure, autrement dit les dépenses en France générées par le tourisme, représente plus de 7 % du PIB. De plus, le secteur crée des emplois : plus de deux millions de personnes travaillent, directement ou non, pour le tourisme. Enfin, la balance du tourisme présente un fort excédent qui fait du secteur un atout pour la balance des paiements de la France. 

Pourtant la concurrence internationale se fait rude. Elle concerne non seulement les touristes étrangers, mais aussi de plus en plus les touristes français. Or ces derniers représentent aujourd’hui deux tiers des dépenses touristiques effectuées en France. La politique nationale du tourisme ne se résume pas à la promotion à l’international mais doit veiller à l’excellence de notre offre. Il importe donc que la destination France renforce sa compétitivité face aux destinations concurrentes, vis-à-vis des clientèles nationales et étrangères. 

Deux grands axes d’action

La stratégie touristique de la DGE repose sur deux axes. Le premier consiste à favoriser le numérique, l’innovation et la diffusion de l’information stratégique. C’est l’objet, notamment, de la plateforme nationale de données DATAtourisme opérée en partenariat avec le réseau Tourisme & Territoires (voir l’interview de sa directrice Véronique Brizon). Pour favoriser l’innovation, la DGE pilote aussi le développement du réseau d’incubateurs et d’accélérateurs touristiques France Tourisme Lab. La diffusion de l’information stratégique à tous les acteurs, notamment aux PME, est également assurée via le site Veille Info Tourisme animé par la DGE. 

Le deuxième axe vise à développer l’attractivité des destinations françaises. Il s’appuie en particulier sur le développement des marques (concernant la qualité et l’accessibilité), mais aussi sur la structuration des filières touristiques thématiques telles que le tourisme culturel, l’écotourisme, le tourisme fluvial, etc.

De façon structurelle, la DGE assure également un rôle d’animation et d’élaboration du cadre juridique et réglementaire du secteur du tourisme, en lien notamment avec l’Union européenne, les professionnels et les autres administrations. Elle a, par exemple, été pilote en 2016 et 2017 pour transposer en droit français la “directive sur les voyages à forfaits” publiée fin 2015.

La plateforme datatourisme.gouv.fr, lancée officiellement le 12 décembre 2017 après plus de deux ans de travail, présente déjà un bilan encourageant. En juin 2018, elle a enregistré plus de 7 millions de réutilisations des données présentes dans la base. Celles-ci concernent aujourd’hui plus de 200 000 points d’intérêt (POI) : fêtes et manifestations ou informations de type « à voir, à faire ». Elle vise à faciliter le développement, par les entreprises, de services innovants.

France Tourisme Lab est quant à lui le premier réseau mondial de structures d’accompagnement des start-ups dédiées au tourisme. Il réunit un nombre croissant de structures d’accompagnement*, déjà lancées ou en gestation. La première d’entre elles, l’incubateur parisien Welcome City Lab, accompagne les autres* dans leur développement, chacune autour d’un thème spécifique (voir aussi l’interview de Laurent Queige, délégué général de Welcome City Lab). Le partage d’expériences, la veille sur les nouvelles tendances et la stimulation de l’innovation sur les territoires sont les missions de ce réseau.

Enfin, entre agence de presse spécialisée et observatoire économique du secteur, le site Veille Info Tourisme offre à tous les acteurs du tourisme un service d’information reconnu. Ce site collecte et organise des statistiques, articles, données, analyses et synthèses juridiques, provenant de tout type de source publique ou privée, nationales ou internationales.

Signes de qualité et d’accessibilité

Un temps décriée comme point faible de l’offre touristique française, la qualité de l’accueil fait aujourd’hui l’objet d’efforts qui portent leurs fruits. La marque Qualité TourismeTM encourage ces efforts. Au 1er juin 2018, près de 5 200 prestataires avaient reçu ce label pour distinguer la qualité de leur accueil et de leurs services. 

Un autre axe stratégique lié à la qualité de l’accueil consiste à faire de l’accessibilité un atout des destinations françaises. L’accessibilité n’est donc pas seulement un enjeu de société, mais aussi de compétitivité. La DGE promeut ainsi deux autres marques d’État. Tourisme & Handicap distingue une offre qui garantit l’accessibilité des équipements touristiques aux personnes en situation de handicap. Près de 5 500 sites français sont déjà labellisés. Destination pour tous permet, quant à elle, de valoriser des territoires entiers proposant une offre touristique cohérente en matière d’accessibilité. 

* Slow Tourisme Lab (Troyes), Open Tourisme Lab (Nîmes), Provence Travel Innovation (Marseille), Tourisme Innovation Lab (Angers) et Deauville Tourism’Up (Deauville). 

Pour en savoir plus :

- Sur les actions de la DGE :

https://www.entreprises.gouv.fr

- Sur DATAtourisme :

https://www.datatourisme.gouv.fr

- Sur le secteur du tourisme en France et ailleurs :

https://www.veilleinfotourisme.fr

- Sur France Tourisme Lab : 

https://www.entreprises.gouv.fr

Côté entreprises

Tourisme & Territoires est le partenaire opérationnel de la DGE pour conduire le projet DATAtourisme. Lancée officiellement le 12 décembre 2017, cette plateforme de données ouvertes met à la disposition des entreprises des centaines de milliers de données touristiques émanant de tous les territoires.

Où en êtes-vous aujourd’hui dans la collecte et la diffusion des données de DATAtourisme ?

Je voudrais d’abord rappeler les objectifs de la plateforme : regrouper des données fiables et exhaustives facilement utilisables, aussi bien par les start-ups du tourisme que par les grands groupes. Cela leur permet de se concentrer sur leur cœur de métier et non sur un fastidieux travail d’agrégation. Les données de DATAtourisme sont issues de plus de 40 systèmes d’information différents, consolidées et mises à disposition sous un format unifié. Maintenant, pour répondre à votre question, nous disposons à ce jour de données sur plus de 220000 POI (points d’intérêt), et la collecte se poursuit. Nos plus gros “producteurs” sont jusqu’à présent l’Aquitaine, la Bretagne, les Bouches-du-Rhône… Et côté “ré-utilisateurs”, nous en sommes en juin 2018 à plus de 7 millions de réutilisations mensuelles*, contre 3,3 millions en mars. On observe une vraie montée en puissance.

Qui sont les ré-utilisateurs de vos données ?

Ils sont très divers. Parmi les 200 comptes réellement actifs à ce jour (sur 2 200 comptes ouverts), nous avons par exemple Brittany Ferries qui développe un projet de service numérique basé sur l’intelligence artificielle – un conseiller virtuel – à bord de ses navires. Mais nous avons aussi une start-up, LookIV (prononcer “loukive”), qui développe une application mobile sur les agendas touristiques en France en utilisant la géolocalisation ; ou encore E-territoires, un site de mise en valeur des territoires ruraux qui combine petites annonces (emploi et reprises d’entreprise ou d’activité) et informations touristiques.

Quels sont les développements en cours ou à venir ?

Notre principal objectif pour 2018 est de couvrir l’ensemble du territoire français. Nous devons être exhaustifs. Nous en sommes aujourd’hui à 12 régions sur 13, plus ou moins complètes. Nous travaillons beaucoup auprès de nos adhérents-producteurs – comités régionaux du tourisme, agences de développement touristique et offices de tourisme –, pour dynamiser la collecte : on les informe, on les réunit, on organise des formations… Nous sommes aussi en train de retravailler sur notre dictionnaire de description des données, de manière à intégrer de nouveaux champs comme le tourisme d’affaires, la filière vélo, les activités de nature, etc. Nous avons également entrepris une traduction bilingue (en anglais) de la plateforme, de manière à pouvoir être utilisée par des opérateurs étrangers de la destination France. Enfin, nous travaillons à mettre en place un forum communautaire des producteurs et ré-utilisateurs afin de favoriser le partage d’informations et d’expériences.

* Nombre de fois où un POI est téléchargé par un ré-utilisateur en vue de sa diffusion.

Créé à Paris en 2013, le Welcome City Lab est, au niveau mondial, le premier incubateur et accélérateur de “start-ups” dédiées au tourisme. Ses 3 000 m2 d’espaces de vie et de travail ont déjà permis l’incubation d’une centaine de “start-ups”, avec un taux de réussite de 90%. Depuis 2014, son action a généré la levée de 150 millions d’euros et la création de 600 emplois.

Quelles sont la philosophie et l’ambition du Welcome City Lab ? 

La France doit se donner les moyens de faire émerger les futures licornes du tourisme au niveau international. Des structures comme la nôtre permettent de repérer les équipes qui portent de bonnes idées, et de les aider à se développer de façon plus structurée que si elles étaient toutes seules dans leur coin. Notre ambition est aussi d’aider Paris à être une ville plus innovante et à mieux répondre aux besoins des nouvelles clientèles touristiques. Nous travaillons dans une optique de valeur ajoutée en vue d’offrir aux clients un service de plus en plus personnalisé, en complémentarité avec les acteurs classiques du monde du tourisme : hôtels, grands magasins, agences de voyage, transporteurs, etc. Nous sommes un lieu de partenariat entre ces acteurs – grands comptes ou PME – et les start-ups, les uns apportant aux autres et réciproquement. 

Quelles orientations donnez-vous à votre activité pour développer la compétitivité de la destination Paris et, par extension, de la destination France ?

Nous ne travaillons pas sur la compétitivité, mais plutôt sur l’attractivité de la destination dans un environnement concurrentiel de plus en plus rude au niveau international. Il s’agit de répondre aux besoins d’une clientèle qui ne se satisfait plus de venir à Paris uniquement pour voir la tour Eiffel et le Louvre. Pour ce faire, nous accompagnons les entreprises susceptibles d’apporter de véritables innovations à la ville et à ses acteurs du tourisme. Nous sommes là aussi pour rassurer l’environnement, les partenaires potentiels, les banques, les investisseurs, etc. qui vont permettre à ces entreprises de se développer. Nous leur apportons un appui méthodologique et de mise en relation avec un écosystème. 

Vous développez aussi des partenariats avec d’autres villes au niveau international…

Oui, car nous avons aussi l’ambition, en nous appuyant sur notre notoriété de premier incubateur au monde à s’être spécialisé dans le domaine du tourisme, de créer un réseau transcontinental des incubateurs touristiques. L’un des objectifs est de mettre en place les conditions qui permettent d’échanger nos start-ups pour les aider à se déployer au niveau international.

À l’échelle française, quelle contribution le Welcome City Lab apporte-t-il au développement du réseau France Tourisme Lab ? 

Depuis son lancement, nous sommes aux côtés de la DGE pour développer en France le premier réseau d’incubateurs spécialisés tourisme. Aujourd’hui, nous participons à l’animation de ce réseau qui compte d’ores et déjà cinq autres structures. Nous accompagnons, avec la DGE, leur création et leur développement en leur apportant un appui méthodologique nourri de notre expérience et en intervenant auprès des acteurs locaux, auprès desquels nous apparaissons comme une référence fiable. Nous insistons en particulier sur l’importance d’une spécialisation thématique de chaque incubateur, à déterminer en fonction des atouts et caractéristiques de leur territoire.