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Numérique

Avec France Num, accélérer la transformation numérique des entreprises

Face aux importants enjeux liés au numérique et au retard pris par nombre de TPE et PME françaises en la matière, le Gouvernement vient de lancer, via la DGE, un programme national d’accompagnement de leur transformation.

Le secrétaire d’État chargé du Numérique et la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances ont lancé le 15 octobre dernier l’initiative France Num qui rassemble sous une bannière commune l’ensemble des actions menées par l’État, les régions et un large réseau de partenaires pour accompagner les TPE/PME vers le numérique. Après plusieurs mois de co-construction avec tous les acteurs, France Num propose une nouvelle marque pour fédérer les acteurs de l’accompagnement à la transformation numérique des entreprises, accompagner efficacement et concrètement les entreprises et les aider dans la résolution des difficultés rencontrées dans cette transformation numérique.

Un bouquet d’actions complémentaires

Ce programme s’articule autour de quatre grandes composantes : une marque forte pour fédérer les acteurs ; un réseau de conseillers au service des TPE/PME, nommés « activateurs » ; une plateforme de ressources personnalisées www.francenum.gouv.fr ainsi qu’une nouvelle offre de prêts d’un milliard d’euros pour la transformation numérique des TPE/PME. Ces prêts viseront en priorité des projets de moins de 25 000 euros. Toutes ces actions complémentaires ont pour ambition d’apporter à chaque TPE et PME française les ressources nécessaires pour permettre une entrée réussie ou des progrès supplémentaires dans le monde du numérique. 

Les entreprises françaises en retard… et à convaincre

La transformation numérique représente un enjeu majeur pour la compétitivité des entreprises. Or les entreprises françaises, en particulier les TPE et PME, sont aujourd’hui, en moyenne, en retard dans ce domaine : la Commission européenne observe en 2017 que « si la France obtient de bons résultats en matière de compétences numériques (9e place) et d’administration en ligne (9e place), elle est en dessous de la moyenne de l’UE pour l’intégration des technologies numériques par les entreprises (…)». Ce retard est patent dans diverses dimensions : détention d’un site internet, utilisation d’un outil de relation client (CRM), vente en ligne, organisation interne, etc. De plus, le degré de numérisation apparaît d’autant plus faible que les entreprises sont de taille réduite. Ce phénomène est renforcé par une perception réduite de l’importance des enjeux : une enquête de Bpifrance Le Lab publiée en septembre 2017 révélait que 87 % des dirigeants de PME et d’ETI ne considéraient pas la transformation digitale comme une priorité stratégique pour leur entreprise. La mobilisation s’accroît néanmoins, en particulier dans l’industrie (en octobre 2018 un grand cabinet conseil estimait que la moitié des entreprises industrielles ont désormais une feuille de route numérique, contre un tiers en 2017). En parallèle, les consommateurs français sont parmi les plus nombreux en Europe à acheter en ligne.

La réponse France Num

Pour dépasser le niveau du simple constat, diverses enquêtes et études récentes ont permis de dégager trois principaux axes de travail pour accélérer la transformation numérique des entreprises : sensibiliser des entreprises, les accompagner dans la recherche et la mise en œuvre de bonnes solutions, et les mettre en relation avec les compétences numériques nécessaires. L’initiative France Num répond à ces trois besoins. En s’appuyant notamment sur les bonnes pratiques et retours d’expérience de pays plus en avance comme la Finlande, le Royaume-Uni ou l’Allemagne, la DGE a piloté un projet collaboratif intégrant de nombreux partenaires internes et externes. Cette démarche d’intelligence collective a abouti en particulier à la création de la plateforme www.francenum.gouv.fr

Des solutions personnalisées

La plateforme www.francenum.gouv.fr est ouverte à tous et propose des recommandations personnalisées aux entreprises en fonction de leur secteur d’activité, de leur taille, de leur implantation et des éventuels besoins qu’elles auraient déjà identifiés. Pour la première fois, sur une plateforme unique, une TPE/PME peut :

- se sensibiliser aux enjeux de la transformation numérique en lien avec tous les partenaires de l’initiative : les entreprises pourront notamment consulter les témoignages de TPE/PME ayant initié leur transformation,

- obtenir des recommandations et consulter des outils pour lancer sa transformation,

- trouver des conseillers, appelés « activateurs », près de chez elle et être mise en relation avec eux,

- identifier des évènements et des formations localement,

- trouver les offres de financement adaptées à ses besoins et priorités.

À ce jour, plus de 1 000 activateurs, répartis sur tout le territoire, sont déjà mobilisés. Parce que l’enjeu est immense, le référencement de ces activateurs publics et privés continuera au fil de l’eau, pour que toutes les TPE/PME puissent bénéficier d’un accompagnement de proximité.

Toutes les entreprises sont concernées

Le portail propose également des vidéos de sensibilisation et de témoignages d’entreprises qui ont engagé avec succès leur transformation numérique.

Toutes les TPE et PME de France sont potentiellement concernées par ce dispositif innovant et fédérateur. Au service de leur compétitivité et de celle du pays, l’ambition de France Num est d’améliorer rapidement les performances numériques des entreprises pour stimuler leurs activités et la position des entreprises françaises.

Pour en savoir plus :

Sur la plateforme France Num :

www.francenum.gouv.fr

Sur l’espace dédié aux activateurs :

https://extranet-tn.entreprises.gouv.fr

Sur le lancement de l’initiative France Num :

https://www.entreprises.gouv.fr

Côté entreprises

La CCI de région Paris Île-de-France accompagne les entreprises d’Île-de-France dans le développement de leurs projets. Ses élus portent la voix de quelque 670 000 entreprises auprès des pouvoirs publics pour renforcer leur compétitivité et celle de leurs territoires. Elle émet des recommandations pour dynamiser la croissance, assure de nombreuses prestations de formation et participe à la promotion de la région capitale.

Comment la CCI Paris Île-de-France a-t-elle participé à l’élaboration de France Num ?

Nous avons été sollicités par la DGE en tant que partenaire de longue date sur le sujet de la transition numérique des entreprises. Nous avons contribué aux différentes étapes de construction de l’initiative avec nos conseillers de la marque “Les digiteurs”, qui est l’offre de la CCI Paris Île-de-France pour accompagner les entreprises dans leur transformation numérique. Nos conseillers ont également participé à un groupe de travail sur le fonctionnement de l’extranet “Espace Activateurs”. J’ai aussi collaboré à un groupe de réflexion sur l’identité de l’initiative.

Quelles ont été vos motivations pour participer à cette initiative et qu’en attendez-vous ?

Nous avons apprécié la volonté de coordonner et de mutualiser des initiatives aussi bien publiques que privées, jusque là un peu dispersées, pour accélérer le mouvement. Aujourd’hui, de trop nombreuses entreprises ne prennent pas suffisamment la mesure de l’aspect incontournable de la digitalisation. La création d’un point d’entrée unique, opéré par les services de l’État, va permettre de toucher beaucoup plus d’entreprises et d’unir les forces dans un but commun. La marque France Num va donner une visibilité et une légitimité à l’ensemble des acteurs qui seront présents sur la plateforme. C’est un dispositif rassurant pour tout le monde.

En quoi la transformation numérique des entreprises est-elle si importante ?

Aujourd’hui, les clients et les consommateurs sont sur internet et sur les réseaux sociaux pour s’informer, comparer… et acheter ! Cela entraîne une profonde modification des business. Grâce au numérique, les clients sont en mesure de faire eux-mêmes, et entre eux, beaucoup plus de choses qu’auparavant. Mais cela permet aussi, par exemple aux commerçants, de multiplier les prestations vendues et d’être “trouvables” en ligne. En bref, la transformation numérique des entreprises est indispensable pour s’adapter aux nouvelles exigences de leurs clients.

La librairie Mollat a été fondée en 1896 par l’arrière-grand-père de Denis Mollat. Elle reçoit chaque jour plusieurs tonnes de livres qu’elle répartit sur ses vingt kilomètres de rayonnages, et vend deux millions d’ouvrages par an. Tout en restant une librairie physique réputée sur Bordeaux et sa région, elle a fêté ses 120 ans en 2016 en prenant un véritable virage numérique. Avec ses cent-dix salariés, dont cinquante-cinq libraires, elle a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 26 millions d’euros, dont 6 % sur internet. Et ses ventes en ligne ont connu entre 2016 et 2017 une croissance de 25 %.

Quel(s) rôle(s) les outils numériques jouent-ils dans votre activité ?

Ce sont d’abord des outils de communication. Nous avons de belles vitrines depuis le 19e siècle et aujourd’hui, mollat.com est le reflet virtuel de la librairie physique, tant en termes de vitrine que de contenus. C’est un véritable média qui présente non seulement nos 190 000 références d’ouvrages mais aussi des blogs animés par nos libraires, des vidéos de présentation des auteurs, un webzine culturel – la station Ausone – réalisé en partenariat avec les acteurs culturels de Bordeaux, publics et associatifs… En amont, nous avions déjà informatisé toute la partie technique de l’entreprise. Puis, en 2016, nous avons tout mis sur le cloud, installé deux fibres optiques de 100 MB, et externalisé toute l’informatique et la téléphonie. Nous n’avons plus aujourd’hui aucun serveur en interne. Nous avons deux réseaux wifi, un public et un privé qui nous permet de consulter le stock et nous donne l’emplacement de chaque livre. 

Comment vous y êtes-vous mis ?

Nous avons commencé en 1998 par informatiser la gestion du stock. Puis on a cherché comment recréer sur internet l’ambiance de la librairie. Cela s’est mis en place par paliers, en fonction des envies, des appétences et des compétences de nos libraires. Tout est basé sur le volontariat. Les choses se font ainsi naturellement, au fur et à mesure. Nous prenons en stage des étudiants de l’école de cinéma de Bordeaux qui nous aident à réaliser nos clips d’auteurs, avec des tournages à Bordeaux, à Paris ou ailleurs… On produit même des images pour nos partenaires, sans contrepartie financière. Personnellement, je trouve tout cela très ludique.

Avez-vous été accompagnés ? 

Au début, pour nous mettre sur les réseaux sociaux, nous avons suivi une formation de base avec un spécialiste de l’École supérieure de commerce de Bordeaux. Puis les libraires se sont mis à produire des contenus. Au-delà de notre site mollat.com, nous diffusons aujourd’hui ces contenus sur divers réseaux : facebook, twitter, vimeo, youtube, pinterest, instagram… Et pour l’architecture et le développement du réseau, nous avons fait appel à un prestataire extérieur. Il faut bien entendu se faire aider, mais pas plus que nécessaire, en fonction des besoins de l’entreprise et en intégrant cela à son activité. Mon conseil : avant de se lancer, et même ensuite, il est utile et enrichissant de faire du benchmarking pour voir ce que font les autres.